

À travers le monde, près de deux cent mille tonnes de combustibles irradiés sont entreposés dans des bâtiments en béton ou dans des piscines adjacentes aux installations de production électrique. Ce combustible, bien que généralement sous haute garde, reste vulnérable aux attaques terroristes, aux accidents naturels (séismes et autres) ou humains (écrasement d’avions ou intrusion). Des dizaines d’études ont conclu hors de tout doute à la nécessité d’en disposer dans des structures géologiques profondes, en attendant que son recyclage presqu’intégral ne soit économiquement justifiable.
La plupart des projets de saine gestion de combustibles irradiés dans le monde ont été la cible de l’opposition féroce de groupes environnementalistes bien intentionnés qui arrivent difficilement aujourd’hui à reconnaître l’erreur de jugement qui leur a fait combattre l’énergie nucléaire depuis 50 ans en mettant dans le même panier Tchernobyl, Hiroshima, Three Mile Island et l’accumulation des arsenaux atomiques. Cette attitude est aujourd’hui préjudiciable à la survie même du genre humain, puisque la génération d’électricité à partir de la combustion de dérivés du carbone génère des gaz qui changent drastiquement le climat global, alors que les solutions de rechange (éolien, hydraulique, solaire et géothermique), bien que providentielles là où elles s’appliquent, ne peuvent absolument pas remplacer la combustion des hydrocarbures dans le bilan énergétique mondial.
Des environnementalistes comme Patrick Moore, le fondateur de « Greenpeace », ou James Lovelock, un fondateur du mouvement environnementaliste, préconisent aujourd’hui le recours massif à l’Énergie nucléaire pour combler les besoins de la société civile d’ici la fin du 21e siècle.
Des centaines de nouvelles centrales doivent être construites à travers le monde et pourtant, ni au Canada, ni aux États-Unis n’existe un site pour gérer sagement les combustibles qui sortent des centrales actuelles à tous les quelque 18 mois. On note au moins quatre projets de centrales sur les planches et le Sénateur Lamar Alexander a dévoilé une étude démontrant la nécessité de construire 100 nouvelles centrales électriques nucléaires aux États-Unis dans les prochains 20 ans. Il est improbable que ces projets de centrale n’obtiennent de feu vert tant et aussi longtemps qu’une solution aux « déchets » (qui n’en sont pas !) ne soit clairement avancée.
Securad inc, présente pour le Canada et, accessoirement aussi pour son principal client acheteur d’uranium, les États-Unis, une solution comparable - mais supérieure - à celle que SKB a commencé à mettre en place à Oskarshamn, en Suède, pour les besoins de gestion des combustibles irradiés suédois ou que POSIVA mets en place en Finlande.
Les futurs investisseurs du secteur de la génération de nucléo-électricité ont besoin d’un projet comme Securad inc. pour sécuriser leur investissement. Le monde où vivront nos enfants a besoin d’électricité de remplacement pour celle qui provient du pétrole, du gaz naturel, de la houille ou du charbon. Il est donc primordial que les « écologistes » penchent désormais du côté de la nécessaire pérennité du genre humain.
Depuis les années 50, on a conclu qu’il fallait disposer des isotopes résiduels à fortes demi-vies dans des structures géologiques profondes et stables, loin de toute intrusion possible dans les organismes vivants. Pourtant, on ne cesse d’accumuler de façon relativement irresponsable (le risque étant une chose très relative) des matériaux qu’on a souvent qualifié de « hautement toxiques » dans des contenants ou édifices à proximité des centrales et de l’habitat humain environnant.
Il y a environ 434 centrales nucléaires dans le monde, dont 104 aux États-Unis et 20 au Canada qui produisent environ 12 000 tonnes de combustibles irradiés (un volume relativement restreint), 53 autres centrales sont en chantier, 134 autres sont en planification et 300 autres sont projetées.
Les barres de combustibles usés Candu recèlent encore 98% de l’énergie de départ. On les enlève du coeur du réacteur après un peu plus d’une année parce que l’enveloppe des tiges de zirconium-aluminium qui contiennent l’uranium devient structurellement instable sous l’effet du rayonnement ionisant. Ce matériau est hautement radioactif, mais aussi hautement recyclable, surtout si on attend que 99,9% de la radioactivité issue de l’activation ne se soit éteinte, après quelques années de stockage intérimaire dans des piscines. Aux prix actuels de l’uranium « neuf », il n’y a pas de logique économique de recycler ce matériau, mais compte tenu que chaque gramme de ces « déchets » contient environ 1 900 000 fois plus d’énergie qu’un gramme de charbon, il faut dorénavant réviser ses vues sur la notion même de « déchet ». Il faut donc qu’un site de stockage prépare cet avenir où le prix de l'uranium s'envolera et pourrait justifier la récupération des contenants de combustibles usés entreposés.
Les roches précambriennes de l’est du Canada sont massives, stables et largement accessibles par voie maritime. Nous n’avons aucune réserve à assurer que le site pourra être sécuritaire pour plus de 1 000 000 ans. Les granites et anorthosites locaux sont idéaux pour accueillir les matériaux que nous devons gérer en toute sécurité. Le risque sismique y est minimisé et le design prévient intrinsèquement les infiltrations d’eau, même celles qui proviendraient d’une élévation du niveau des océans consécutive à la fonte des calottes glaciaires. Les vents dominants vers l’est minimisent aussi toute émanation de radon, le seul matériau radioactif qui peut « fuir », bien que de très courte demi-vie.
La sécurité maximale reste l’obsession des initiateurs de ce projet. Le contrôle de qualité des contenants reçus « juste à temps » sera critique. Il va de soi que les grandes agences nationales responsables de la sécurité nucléaire de même que les forces armées, auront des rôles clés dans le déroulement de ce projet. On trouve à Goose Bay, dans la périphérie de ce projet, une des plus fortes concentrations d’avions militaires haute performance au monde. C’est certes un atout. Le transport des matériaux radioactifs en direction du site se fera en coopération avec plusieurs pays, notamment quand à sa sécurité. |